Dialyse péritonéale et transformation de la structure épithéliale des cellules mésothéliale en cellule mésenchymateuse.

Analyse de texte rédigée le 10 Novembre 2003 par :

Dr Eric Boulanger
Clinique Néphrologique
Hôpital A.Calmette
Boulevard J.Leclerc
59037 Lille

Laboratoire de Biologie Vasculaire et Cellulaire
Institut National de la Transfusion Sanguine
6, rue A.Cabanel
75015 Paris

Peritoneal dialysis and epithelial-to-mesenchymal transition of mesothelial cells.
Yanez-Mo M, Lara-Pezzi E, Selgas R, Ramirez-Huesca M, Dominguez-Jimenez C, Jimenez-Heffernan JA, Aguilera A, Sanchez-Tomero JA, Bajo MA, Alvarez V, Castro MA, del Peso G, Cirujeda A, Gamallo C, Sanchez-Madrid F, Lopez-Cabrera M.
N Engl J Med 2003 30;348(5):403-13


But de l’étude
L’exposition répétée de la membrane péritonéale à des solutions de dialyse péritonéale (DP) peu biocompatibles conduit à des modifications particulières des cellules exposées et favorise la survenue de la fibrose péritonéale et de la perte d’ultrafiltration. Cette étude démontre la transformation phénotypique (ou transdifférentiation) des cellules mésothéliales péritonéales humaines (CMPH) après instauration de la DP.


Matériel et méthode

Les CMPH ont été isolées à partir de dialysats effluents, de 54 patients stables en DP, après la stase nocturne d’une solution contenant 2.27% de glucose (tampon non précisé). Les cellules ont été ensuite cultivées puis caractérisées par cytométrie en flux, immunofluorescence confocale, Western Blott et rt-PCR. Parallèlement, des CMPH isolées à partir d’épiploons humains de patients non urémiques, ont été cultivées et caractérisées par les même techniques en conditions basales et après différents stimuli. La caractérisation de CMPH a également été effectuée par analyse immunohistochimique de biopsies péritonéales obtenues chez des patients traités par DP.


Résultats
Rapidement après l’instauration de la DP, les CMPH perdent progressivement leurs caractéristiques épithéliales et expriment un phénotype mésenchymateux avec diminution de l’expression des cytokératines et de la E-cadhérine faisant suite à l’induction du facteur de répression transcriptionnelle snail. Simultanément, les cellules acquièrent des capacités de migration avec sur-expression de l’intégrine _2. Après stimulation de CMPH obtenues à partir d’épiploons, ces modifications sont inductibles par différents facteurs proinflammatoires et profibrosants. Quelques mois après la prise en charge en DP, des biopsies péritonéales révèlent la présence de cellules « fibroblaste-like » au niveau du tissu interstitiel péritonéal. L’expression par ces cellules de la molécule d’adhérence intercellulaire-1 (ICAM-1) et de certaines cytokératines authentifie leur origine mésothéliale et confirme les mécanismes de transdifférentiation.


Conclusion
Après la transdifférentiation des cellules épithéliales tubulaires induites par la présence intraluminale de protéines ayant passé le filtre glomérulaire, c’est maintenant la présence de solutions glucosées dans la cavité péritonéale qui conduit aux mêmes mécanismes de transformation phénotypique. Ces résultats confirment la nécessité d’utiliser les solutions de DP les plus biocompatibles afin de préserver la membrane péritonéale du processus de vieillissement accéléré après instauration de la DP.

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